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[Critique cinéma] Mission : Impossible, Protocole fantôme

Après cinq ans d’absence, Ethan Hunt est de retour dans une nouvelle aventure qui nous amène aux quatre coins du monde : Moscou, Dubaï ou Mumbaï. Un épisode de Mission : Impossible qui pour moi tient toutes les promesses d’un bon et gros blockbuster américain… Et même plus !

Je suis allée voir Mission : Impossible – Protocole fantôme au cinéma MK2 Bibliothèque à Paris en version originale sous-titrée français (la VO est vraiment importante ici !). J’ai eu la chance d’avoir le droit à une projection en HD mais surtout avec un son 7.1. Et là, laissez-moi vous le dire : ça change tout ! Pour nous plonger directement dans le bain : une publicité Adidas sans image (c’est fort !), nous mettant dans la peau des All Blacks des vestiaires au terrain, Haka compris. Poussez le son à fond et tremblez ! –> Voir la publicité <– Ok, c’est fait ? Maintenant, place au film.

L’histoire

Après avoir été impliquée dans l’attentat terroriste du Kremlin, l’agence Mission Impossible est contrainte de cesser ses activités. Tandis que son Président lance l’opération « Protocole fantôme », Ethan Hunt et sa nouvelle équipe (les agents William Brandt, Benji Dunn et Jane Carter) vont devoir opérer dans le secret pour blanchir le nom de leur organisation et cela sans aucune aide ou contact. Une mission qui va s’avérer bien plus complexe et dangereuse qu’elle ne paraît. (Sans en être une suite directe, le film reste assez logique dans son enchaînement avec le 3ème opus.)


[Cette critique ne contient aucun spoiler … Céline Online, elle est trop sympa quand même !]
Commençons par le choix du réalisateur. Pour succéder à J.J Abrams (occupé sur Super8), la production (donc Tom Cruise) a engagé Brad Bird. C’est une première dans l’histoire de la franchise car ce dernier est directement issu du cinéma d’animation (Les Indestructibles, Ratatouille et autres). Mission : Impossible – Protocole fantôme est son premier film live. Si le choix peut sembler surprenant, il s’avère surtout gagnant. Brad Bird s’en sort remarquablement bien, tout en y laissant une touche « film d’animation ».  J’ai particulièrement apprécié la scène de la course poursuite à Dubaï avec un formidable jeu sur les ombres, ainsi que le générique d’ouverture. Le fait d’avoir travaillé sur de l’animation lui a sûrement appris que les seules limites du cinéma sont notre imagination.
Notre « novice » s’en sort également très bien avec la direction d’acteurs (réels). Pas de fausse note. On notera également la prestation de notre frenchy Léa Seydou qui se fight à coup de tire bouchon … On est française ou on ne l’est pas ! En tout cas merci Brad pour le clin d’œil.

Mission Impossible protocole fantome

Autre grosse nouveauté : cet opus est bourré d’humour. Oui, Mission : Impossible 4ème du nom est un film cool ! Si Simon Pegg porte cette lourde tâche dans le rôle de l’as de l’informatique devenant agent de terrain, il est accompagné d’un Jeremy Renner drôlement hésitant (la scène du conduit d’aération me fait sourire rien que dit repenser), ainsi que d’une multitude de seconds rôles plein de charme (Anil Kapoor et Miraj Grbic).

Pour le scénario, place à Josh Appelbaum et André Nemec, des collaborateurs de la première heure de la série Alias (ou comment l’esprit de J.J Abrams plane sur tout le film). Certes l’intrigue n’est pas des plus originales, mais elle est pour moi d’une banalité efficace. Son côté kitch fait toute la différence et lui donne un petit air classique de film d’espionnage made in James Bond. Tous les ingrédients sont là : guerre froide et bombe atomique et sexuelle en première ligne, gadgets et technologies en arrière plan. Car Mission : Impossible – Protocole fantôme est quand même un sacré film de geek ! Sans parler du placement de produit Apple (des iPad  et iPhone bourrés d’applications spéciales IMF, car oui, toi aussi avec ton téléphone tu peux jouer à Tom Cruise), leurs joujoux nous font clairement rêver.
Mais ce qui est spectaculairement spectaculaire, se sont les effets visuels. Confiés comme pour l’épisode précédent (J.J Abrams) à Industrial Light and Magic (ILM), ils sont criants de réalisme. Ils viennent compléter les superbes scènes d’action et nous n’y voyons que du feu. Et pour ce qui est des scènes d’action, nous sommes servis : la scène d’introduction avec Josh Holloway (ex Lost de J.J Abrams), l’affrontement dans un parking automatique, ou encore la course poursuite dans une tempête de sable… Toutes sont grandioses et en partie filmées pour le plus grand plaisir de nos yeux en 70mm, soit presque 25 minutes du film en format IMAX.  J’ai vu le film projeté en 35mm, mais j’imagine les sensations et l’impact visuel sur une scène comme celle de l’escalade de la façade de la tour Burj Khalifa à Dubaï (828 mètres : la plus haute du monde). Encore plus impressionnant quand nous savons que Tom Cruise assure ses propres cascades à 50 ans. La scientologie, ça vous fait vraiment faire des choses bizarres quand même !

 

En tout cas, merci de ne pas avoir tourné Mission : Impossible – Protocole fantôme en 3D. Merci de croire encore en un cinéma (de blockbuster certes) pouvant se passer de ce procédé superflu. Les premiers chiffres de l’exploitation française (sortie prévue 2 jours plus tard aux USA) du film sont aussi la preuve que la 2D n’est pas synonyme d’anti rentabilité : 115 000 entrées pour son premier jour d’exploitation (14/12/2011).

 Mais ce qui pour moi fait de cet opus un film exceptionnel, c’est bien la déconstruction du mythe lancé il y a déjà 15 ans sur grand écran. Car finalement dans ce film tout se casse la gueule, l’agence IMF en première. Nous avons beau être dans un film de geek, où la technologie doit en met plein les yeux, ici nada. Même l’emblème le plus fort de Mission : Impossible n’échappe pas à la règle : le message ne s’autodétruit pas … Et c’est le début d’une longue chute. Les gadgets tombent les uns après les autres : les masques (pourtant réclamés à maintes reprises par Benji Dunn /Simon Pegg), les téléphones, les gants, les lentilles… Tout y passe. La technologie n’est finalement pas grand chose… L’homme également. Ethan et son équipe ne sont pas indestructibles. Le film est avant tout basé sur l’Homme et ses relations sociales (seul, nous ne sommes rien), mais aussi sur l’Homme face à lui même. Privés de leurs multiples identités, les membres de l’équipe laissent éclater leurs véritables personnes et surtout leurs véritables motivations… C’est ça l’effet fantôme !
Le titre renforce également cette idée. C’est le seul à ne pas porter de numéro comme les trois autres Mission : Impossible… C’est peut-être aussi le signe que les rumeurs galopantes sur le possible reboot de la franchise, avec Jeremy Renner en premier rôle, ne sont pas si fausses.

Enfin pour terminer : la musique. Pas de Mission : Impossible sans son mythique thème. Encore une fois, Michael Giacchino, nous livre un travail de qualité (il avait déjà travaillé sur le 3ème opus … J.J Abrams !) en réinterprétant le thème culte créé par Lalo Schifrin en fonction des pays visités. Les autres morceaux ambiancent, accompagnent et rehaussent l’action comme il se doit : ni trop, ni trop peu.

Personnellement j’étais restée assez neutre sur M : I 1. Le 2, je n’ai jamais réussi à le voir en entier. Le 3 m’avait agréablement surprise, et le quatre : une consécration ! En conclusion, Mission : Impossible c’est un peu comme le bon vin, il se bonifie avec le temps.
Alors, prêt pour accepter la mission ?

[Critique cinéma] Mission : Impossible - Protocole fantôme / Affiche

      
Titre original : Mission : Impossible – Ghost protocol

Réalisation : Brad Bird

Sortie cinéma française : 14/12/2011

Durée : 2hrs 13

Avec : Tom Cruise, Jeremy Renner, Simon Pegg, Paula Patton, Léa Seydoux…

Site officiel du film : http://www.missionimpossible.com/intl/fr/

   

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