Home » Cinéma » L’Oracle de Philipp Stölzl : une fresque historique sans étincelle

L’Oracle de Philipp Stölzl : une fresque historique sans étincelle

Il y a des films qui trouvent une sortie au cinéma, puis d’autres en DVD, en VOD ou encore en e-cinéma. Allez savoir pourquoi plus un support que l’autre. Les lois de la distribution cinématographique et moi, ça fait deux. Prenons l’exemple du film L’Oracle de Philipp Stölzl. Alors que sa première sortie dans une salle sombre (en Allemagne) date de 2013, le voilà qui débarque chez nous, 3 ans plus tard, en DVD et sans passer par la case cinéma. Bizarre, vous avez dit bizarre, comme c’est bizarre.
     

Londres, début du XIème siècle. Le jeune Rob Cole découvre à la disparition de sa mère qu’il possède un don particulier lui permettant de ressentir par le toucher l’imminence de la mort. Seul et sans ressource, c’est auprès d’un barbier ambulant qu’il découvre l’art de guérir. Se jurant de devenir médecin et de vaincre la mort elle-même, il décide de se rendre en Perse afin d’étudier auprès du « prince des savants », Avicenne. Face aux invasions barbares, aux guerres de religion, et aux épidémies dévastatrices, parviendra-t-il à accomplir son destin ?


L’oracle
est l’adaptation du roman de Noah Gordon, Le Médecin d’Ispahan. Véritable fresque historique, le réalisateur, Philipp Stölzl, avait donc une matière inconsidérée pour nous faire rêver et voyager avec son film. Le résultat est bien présent. L’oracle est un film très riche qui mélange différents genres : film d’aventure, film historique, film fantastique, film d’amour, film de guerre… De quoi faire un divertissement qui plaira au plus grand nombre. Mais justement, à vouloir trop en faire, je trouve que le film en pâtit. Au résultat, ce mélange des genres, lui fait perdre toute identité. Pire, à partir dans tous les sens,  L’oracle manque cruellement de dynamisme.

Mais par dessus tout, L’oracle est présenté comme un film fantastique. Il suffit de lire le synopsis : Rob a un don. Il arrive à ressentir la mort par le toucher. Et bien sur la première heure du film, le don de Rob n’est que survolé. C’est un apprenti chirurgien qui veut devenir médecin. Il y a pas mal d’occasion mais non, rien. Y’a pas comme un problème avec le scénario ? Puis les longues minutes passes. Rob part en Perse pour devenir médecin. Il va étudier avec le plus grand des savants. Il va y avoir une énorme épidémie de peste… Et bien non ! Son don est encore une fois sous utilisé. Et croyez-moi, pendant 2 h 30, attendre quelque chose qui ne viendra jamais, c’est long, très long. Du coup, je me demande l’utilité d’avoir gardé cet aspect du livre si c’est pour le sous-traiter… pour ne pas dire maltraiter.

Céline Online - L'Oracle de Philipp Stölzl, avec Tom Payne

Heureusement, L’Oracle possède d’autres qualités qui nous permettent de finalement passer un moment pas trop désagréable (oui, désolée mais je ne peux pas dire « un moment légèrement agréable »).

Le casting est intéressant. L’Oracle m’a permis de découvrir Tom Payne et de retrouver avec plaisir Ben Kingsley. L’ensemble des acteurs ont un bon jeu ce qui rend le récit très cohérent. Visuellement, c’est très beau et on voyage avec les personnages. Il y a un gros travail sur l’esthétique. J’en ai pris plein les yeux : des paysages de désert à couper le souffle, de la très belle 3D, une lumière maîtrisée. Mais surtout, j’ai surtout aimé le côté initiatique du film. Rob, poussé par sa passion dévorante pour guérir, passe de barbier/chirurgien à médecin et à travers son évolution et ses expériences, nous découvrons le monde, les différentes populations et cultures. Cela nous rappelle surtout qu’à une époque lointaine, il existait encore une belle tolérance face aux différentes religions existantes.
Je ne peux pas nier que ces quelques aspects m’ont plus mais il me manquait toujours un petit quelque chose qui personnellement me fait comprendre une sortie si tardive en France et directement en DVD.


L’Oracle
est pour moi une déception car d’une, le livre est vraiment très bien, et surtout, de deux, il avait tout pour plaire mais on se retrouve à contempler un film, beaucoup trop long et à chercher une étincelle qui ne viendra pas. Dommage, vous avez dit dommage, comme c’est dommage.
       

Céline Online - L'Oracle de Philipp Stölzl - Jaquette du DVD
Titre original : The Physician (anglais) / Der Medicus (allemand)
D’après l’œuvre originale de Noah Gordon, « Le Médecin d’Ispahan »

Réalisateur : Philipp Stölzl

Date de sortie : 4 janvier 2016 – En DVD

Durée : 2 h 30

Avec :  Tom Payne, Ben Kingsley, Stellan Skarsgård, Emma Rigby, Olivier Martinez, …

Retrouvez la page officielle de L’Oracle sur Facebook

Ça devrait te plaire !

Wonder Woman - Film féministe ? (bandeau Céline Online)

Wonder Woman : Pourquoi tant de haine ?

DE-CEP-TION. Voilà le premier mot que j’ai prononcé en sortant de Wonder Woman. Je savais pertinemment que je n’allais pas voir un film féministe... Même si j'avoue, je l'espérais...

2 p'tits mots doux

  1. Ce film est très bien de A à Z, cette critique méprisante est tout à fait péremptoire. Au passage une remarque à l’intention de son ou de sa rédactrice : il n’y a pas de participe passé à faire dans votre phrase en fin de 3ème paragraphe : il faut orthographier le verbe à l’infinitif. « Si c’est pour le sous-traiter pour ne pas dire maltraiter « bref. Sans avoir lu le livre et pour m’intéresser aux films sur fond historique, ce film réussit à synthétiser en 150 minutes une trés grande somme de choses autour de l’essor de la pensée religieuse et de la médecine au moyen-âge. Particulièrement à propos de la transmission du travail du médecin et philosophe musulman Avicennes (Ibn Sina)

    Il est étonnant que ce film ne soit pas sorti en salles, peut-être que les décisionnaires on trouvé le sujet trop délicat. Il aurait pourtant été salutaire pour une évolution positive de la pensée islamique contemporaine en France, car le fondamentalisme y est abordé de manière très juste de même que le dogmatisme religieux face à la recherche scientifique, recherche qui s’inscrit ici dans une démarche qui n’exclut nullement l’aspect divin, bien au contraire. Les décors sont somptueux, les acteurs sont excellents, le film grossit parfois le trait de certaines idées probablement, mais il se dirige vers l’essentiel qui est d’une rare profondeur en comparaison de 80% des sorties actuelles. Vous passerez donc un teès bon moment.

    • Je suis heureuse de savoir que L’Oracle vous a plu. Je ne peux pas mettre dans tous mes articles « cet avis n’engage que moi et je vous invite à vous faire votre propre avis » mais il va de soi que c’est le cas. J’espère que cela vous a donné envie de découvrir les livres.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *