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Sweet/Vicious : Super-héroïnes féministes sur petit écran

Ça fait un bail que nous n’avons pas causé série par ici. J’ai eu une petite période à vide. Traduction : j’ai pris le temps de me mettre à jour et non plus de lancer 10 000 programmes en même temps. La voie étant à présent libre, j’ai pu me plonger dans pas mal de nouveautés. Je vous prépare d’ailleurs un article sur mes dernières découvertes Netflix. Mais là, la série que je m’apprête à vous présenter est tellement géniale, qu’elle mérite son article rien qu’à elle. Oui, oui, c’est simple, impossible de dormir, je viens de passer la soirée à la regarder, et je n’ai qu’une hâte, m’y replonger tout en priant pour découvrir dans peu de temps l’annonce d’une saison 2.

Trêve de suspense, le petit bijou du moment nous vient tout droit de MTV et s’appele Sweet/Vicious.
         

Durant la journée, Jules est la parfaite étudiante américaine. Elle fait même partie d’une des confréries de son université. Mais cette dernière garde un lourd secret : elle a été victime d’un viol commis sur le campus. Bien décidée à faire payer le responsable et à empêcher que cela ne se reproduise, Jules décide de faire justice, elle-même, la nuit. Aidée par Ophelia, une étudiante en droit, hacker et dealer, elle part en quête de vengeance…

        
Ce qui est assez incroyable avec Sweet/Vicious, c’est sa capacité à traiter de la culture du viol avec une certaine légèreté. Que je m’explique. Sweet/Vicious est un drame mais très drôle et touchant. La série est de ce fait décalée mais possède un petit côté Tarantino, très énervé, très violent et réaliste. En fait, c’est même son réalisme qui rend la série violente. J’y vois avant tout une histoire de survie plus que de justice.

Ici, la frontière entre le drame et la comédie est respectée grâce a deux héroïnes que tout oppose, Jules et Ophélia. Présentations.

Jules vit dans une sonorité rose bonbon et aime les couchés de soleil sur Instagram. Drôle sans le vouloir, elle est pleine de rage et de sensibilité mais se cache derrière une image conformiste. Ophélia elle, est du genre sans filtre. Petit génie qui ne va jamais à la fac, elle ne s’arrête jamais de parler sauf pour manger une pizza. C’est une boule d’humour au caractère bien plus complexe et profond qu’elle ne laisse le paraître. Car si nous savons pourquoi Jules même ce combat contre l’injustice, ça reste un grand mystère pour Ophélia… Même si elle nous dit à plusieurs reprise avoir elle aussi sa raison.

Ophélia et Jules pourraient sortir tout droit d’un comics. Des super-héroïnes féministes, dont clairement, nous aurions bien besoin en ce moment (suivez mon regard vers la Maison Blanche). Mais ici, pas de fantastique, pas de vilain aux supers pouvoirs. Juste des gens ordinaires commettant viols,  harcèlements et humiliations (l’épisode sur le bizutage est pour moi à mi-saison, l’un des plus perturbants). Bon et puis ça reste entre nous, mais c’est quand même bien jouissif de voir des mecs se faire dézinguer par des nanas. C’est même la réalisation d’un de mes fantasmes. Les hommes ont eu Batman, nous avons maintenant Jules et Ophélia. Une réponse logique à notre époque.

Les filles sont loin d’avoir les compétences de leurs désirs. Elles se débrouillent bien niveau baston mais ne sont pas invincibles. Elles vont se prendre de sacrées dérouillées et avoir de gros loupés. C’est ce côté imparfait qui même s’il est source de questionnement éthique, les rend encore plus attachantes.

Le duo est très agréable et fonctionne à merveille. Quelle alchimie entre Eliza Bennett et Taylor Dearden (fille de Bryan – Breaking Bad – Cranston). Ces deux actrices sont vraiment très talentueuses.

Mais les hommes ne sont pas oubliés pour autant et Sweet/Vicious offre des personnages masculins très intéressants. Il y a Harris (Brandon Mychal Smith), le meilleur ami d’Ophélia (qui est aussi son patron), étudiant en droit qui se lance qui enquête sur la thèse d’un justicier sur le campus et qui évidemment va, au fil des épisodes, devenir un élément de plus en plus important. Et surtout, Tyler (Nick Fink), le petit ami de Jules qui dès le premier épisode avec le meurtre de son demi-frère, s’annonce comme une bombe à retardement et source d’un putain de climax.

 

Enfin, pour finir ma déclaration d’amour, Sweet/Vicious est très, très bien écrit. La série est pleine d’énergie et de rebondissements. Les dialogues ne manquent pas de piquant et la bande-son, sans surprise pour une série MTV, déboîte pas mal. Traitant d’un sujet malheureusement très d’actualité, Sweet/Vicious se démarque par sa réalité et sa sincérité. Une pépite rare, qui fait du bien à la société et qu’il faut absolument découvrir et soutenir pour que MTV nous offre une deuxième saison.

Sweet/Vicious, la série MTV - affiche


Sweet/Vicious

Série créée par Jennifer Kaytin Robinson
Diffusée sur MTV – 1 saison de 10 épisodes (42 mn)
Avec : Eliza Bennett (Jules Thomas), Taylor Dearden (Ophelia Mayer),
Brandon Mychal Smith (Harris James), Nick Fink (Tyler Finn), Dylan McTee (Nate Griffin),
Aisha Dee (Kennedy Cates), Stephen Friedrich (Evan)…
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Site MTV de Sweet/Vicious
TwitterFacebookInstagram de Sweet/Vicious

 

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3 p'tits mots doux

  1. Merci pour ce super article ! J’espère que ça donnera une plus grande visibilité à cette super série. Comme tu le dis si bien, c’est autant le sujet et son traitement (inédit à ce jour), que les acteurs qui en font une excellente série. Ce sera probablement le sujet de mon prochain article aussi, il me reste quelques épisodes à voir avant.

  2. J’ai envie de voir cette série! J’adore le look de la fille aux cheveux verts!
    MTV m’étonne toujours à produire de séries de qualité 🙂

  3. Ça a l’air vraiment bien ça !!

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