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The Leftovers : l’émotion à l’état brut

Alors que je viens tout juste d’apprendre que The Leftovers s’arrêtera après sa troisième saison, non par faute d’audience mais par soucis scénaristique, je me suis dit qu’il fallait absolument que je vous parle de cette série si particulière, pleine de renouveau pour le petit écran.

D’ailleurs, petite aparté : Est-ce que ça vous étonne si je vous dis que The Leftovers est une adaptation ? Il s’agit de Les disparus de Mapleton de Tom Perrota.
Voilà, ça, c’est dit.

Du jour au lendemain, un 14 octobre en apparence ordinaire, 2% de la population disparaît mystérieusement de la surface de la terre. Ces gens, de tout âge, se sont évanouis dans la nature, sans explication, laissant leurs proches dans l’angoisse, voire le désespoir. Trois ans plus tard, la vie a repris son cours dans la bourgarde de Mapleton, une petite ville près de New York, mais rien n’est plus comme avant. Personne n’a oublié ce qui s’est passé, ni ceux qui ont disparu…


The Leftovers
est créé par Damon Lindelof, le scénariste de Lost. Bon, depuis plus de 10 ans, j’hésite encore entre vénérer cet homme ou le baffer pour le temps que j’ai perdu devant sa série. Heureusement pour lui, il gagne pas mal de points avec The Leftovers. Je lui laisse donc un petit sursis, au moins, jusqu’à sa prochaine création.

Mais concentrons-nous sur The Leftovers, saison1, première du nom.

Dès le premier épisode, The Leftovers est long, parfois agaçant et nous sommes loin de comprendre tout ce qui nous regardons. Ce n’est pas hyper sexy et ça ne donne pas franchement envie. Mais heureusement, je ne me suis pas arrêtée à ces premières impressions. J’ai persévéré. Alors maintenant, c’est avec grand plaisir que je passe aux arguments « glamour », et vous allez voir, la liste est longue.

The Leftovers - Titre

   
The Leftovers
, disons-le nous, est un pur drame psychologique. La série développe l’après disparition à travers plusieurs destins, majoritairement concentrée sur deux familles : les Garvey et les Dust.
Très lentement, nous regardons ces gens normaux vivre. Ou tenter de vivre. De se reconstruire. De réapprendre le quotidien. Voilà, c’est tout. Il y a un petit côté prétentieux à The Leftovers car la série ne nous propose rien de plus, persuadée que cette trame, ancrée dans le réel, sera suffisant. Et étrangement, ça fonctionne. Car ne vous attendez pas à comprendre. C’est là toute l’originalité du programme d’HBO, le scénario ne cherche pas à nous expliquer la disparition. Même si j’avoue que c’est un peu frustrant au début, ce n’est pas du tout le sujet de The Leftovers. Il n’y a donc pas de fantastique et 15 000 explications tirées par les cheveux.  Il faut voir la « grande disparition » comme une toile de fond, celle qui amène la beauté du reste.

Evidemment, si la série ne nous explique rien, cela n’empêche pas les personnages de chercher des réponses. Beaucoup font un rapprochement avec la religion et l’apocalypse. De nouvelles sectes se créées en parallèle. Il y a un vrai besoin de comprendre pour avancer. J’ai particulièrement aimé que les survivants ne se posent pas les mêmes questions que nous. Le téléspectateur aimerait comprendre pourquoi et comment cette disparition de 20 % de la population. Les restant eux, se sentent comme des étrangers rejetés et se demandent : pourquoi est-ce que nous, nous sommes toujours là ? Il y a une vraie culpabilité du survivant, augmentant, sans répit leur douleur.
Nora par exemple. En une fraction de seconde, elle perd tout : mari et enfants. Tout transpire la douleur chez elle mais aussi la colère. Ce qui la rapproche beaucoup de Kevin, cet homme cassé, irréparable. Tous deux n’arrivent pas à trouver la paix.

Carrie Coon dans The LeftoversCéline Online - The Leftovers, la série de HBO avec Justin Theroux

       

Mais alors, de quoi ça parle vraiment The Leftovers ?

Je pourrais vous dire que c’est le reflet de notre société mais personnellement, je n’ai pas voulu me perdre dans des réflexions métaphysiques. J’ai préféré me laisser porter par ce drame. Car ne vous attendez pas à des rebondissements en pagaille (nous sommes vraiment à l’opposé de Lost). Dans The Leftovers, il faut observer et écouter. Pas les dialogues car ça ne parle pas beaucoup. Non. Il faut écouter la magnifique musique composée par Max Richter. Les mélodies au piano viennent vous percuter, puissantes et vous remplir d’émotions. Il suffit d’écouter le thème principal pour vous en rendre compte. J’en ai des frissons dès les premières notes.

Pour finir de vous convaincre, j’ai gardé le meilleur pour la fin : le casting de The Leftovers. La distribution est excellente, Justin Theroux en chef de file (oui, je suis un peu, beaucoup, amoureuse de lui), donne la réplique à Margaret Qually (la magnifique fille d’Andy McDowell), Carrie Coon et Liv Tyler, que je retrouve avec grand plaisir. Mais en y réfléchissant un peu plus, je me rends compte que je pourrais vous citer la totalité des acteurs : Amy Brenneman, Christopher Eccleston, Chris Zylka et Ann Dowd.  Tous sont magnifiques dans l’interprétation de leurs personnages des plus complexes.

Céline Online - The Leftovers, la série de HBO avec Justin Theroux et Margaret Qually



The Leftovers
 m’a fait, me fait et continuera de me faire pleurer. Cette série, qui libère en moi de fortes émotions, est la seule à demander une implication émotionnelle aussi forte. Il y a une vraie brutalité. Je me retrouve spectatrice d’un drame qui me semble si familier, pour ne pas dire d’actualité. The Leftovers est une série visuelle et complexe qui se contemple et qui étrangement, me laisse une sensation de bien-être après chaque épisode. Une addiction télévisuelle.

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7 p'tits mots doux

  1. Dans la vie, de nos jours, des séries il y en a. Des daubes atomiques, des moyennes qui te vendent du rêve pour s’effondrer au pilote, des bonnes que t’aime bien pour passer le temps et il y a des séries qui te réconcilient avec le genre humain, l’écriture et la beauté de l’image et du son.

    THE (FU**ing) LEFTOVERS rentre au panthéon de mes meilleures séries au même titre que la s1 de True Détective, l’intégrale de Breaking Bad, Boardwalk Empire, Fargo ou The Knick, etc…

    Non seulement c’est superbement bien joué mais oh my god la musique transcende cette série.

    Du grand art !

  2. Il y a que Rectify qui me donne autant d’émotion que The Leftovers. Cette série est magique !
    Je me fais très régulièrement sa BO. Son opening scene aussi me fait pleurer : https://youtu.be/E0u6prmiABA

  3. J’ai emprunté la première saison à la bibliothèque mais je ne l’ai pas encore regardée, j’avais déjà lu cet article mais je ne m’en souvenais plus et je viens de retomber dessus en me rendant compte que c’est la même série. 😉

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