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Je vais mieux, merci de Brent Williams et Korkut Öztekin - Bandeau

Et mon livre favori de l’année 2019 est….

Ça faisait un petit moment que je n’avais pas repris mon clavier pour te parler littérature (pour te parler tout court, je l’avoue). Alors comme on dit : parlons peu mais bien ! Si j’ai décidé de te revenir une dernière fois avant la fin de cette décennie, c’est pour te présenter le livre de mon année 2019. Rien que ça, ouais, je sais.

En toute simplicité : toi, moi, en tête à tête. Une petite musique en fond sonore (ma chanson de lover en ce moment c’est Señorita, elle me rend hot de ouf… « Houlalala »). Un verre de Côte-rôtie (mon préféré), puis un deuxième, puis un troisième, soyons libérés, lâchons-nous ce soir darling. Le feu de cheminé crépite, seule lumière de cette soirée, faisant danser les ombres de nos corps, si proches, contre le mur. Yeux dans les yeux. Le tableau est dressé. Allons-y, tu es prêt à m’écouter, et plus si affinité.

Je vais mieux, merci de Brent Williams et Korkut Öztekin - Feu de cheminé

 

Je vais mieux, merci de Brent Williams et Korkut Öztekin

   
Si je me suis lâchée dans mon introduction, ça n’a pourtant absolument rien à voir avec le sujet du livre dont je veux vous parler, bien au contraire. La lecture qui m’a profondément marquée en 2019, à m’en arracher des torrents de larmes, est un roman graphique publié aux éditions Tchou : Je vais mieux, merci de Brent Williams et Korkut Öztekin, sous-titré de façon très claire « Vaincre la dépression ».

Brent Williams, avocat et réalisateur New-Zélandais, nous livre le stupéfiant récit de son voyage au cœur de la dépression, dans un roman graphique au dessin sensible et bouleversant qui nous fait découvrir la dépression au quotidien et les moyens de l’aborder. Il y décrit les étapes de ce long combat : entre le déni, la honte de s’avouer malade et la torpeur physique et mentale. Ce témoignage est accessible à tous grâce aux aquarelles pénétrantes de Korkut Öztekin,

Je vais mieux, merci de Brent Williams et Korkut Öztekin - Illustration 4

Tel un voyage, on y suit Brent, un père de quatre enfants, qui petit à petit va se faire engloutir par la maladie. Ceux qui connaissent, savent : ça commence par une grosse fatigue, des maux de tête et des insomnies. On se dit que ça va passer. Brent aussi se dit la même chose. Bien oui, tout ça, ce ne sont que les signes d’un stress professionnel. Après tout, le burn-out n’est-il pas la dernière maladie « à la mode » ? Rien de bien inquiétant. Mais surtout, chut, il ne faudrait pas que ça se sache, la honte de ne pas tenir le coup. Puis un jour, tout bascule, et son quotidien n’est rythmé que de tristesse, de crises d’angoisse et de manque de volonté, jusqu’à avoir des pensées suicidaires.

Un jour comme un autre. Un déclic. Brent décide de se faire aider car il comprend que quelque chose cloche. Il est malade. La dépression. Mais comment guérir ?

Je vais mieux, merci de Brent Williams et Korkut Öztekin - Illustration 3

Par où commencer ? Il y a tant de choses à régler !

Voilà la première partie de ce long chemin. Un parcours sincère et honnête. La suite, qui ne prétend pas détenir la solution miracle, va être lente et non sans remous. On va accompagner Brent dans sa lutte, ses différents traitements pour trouver le bon, les petites victoires du quotidien, les rechutes, le retour petit à petit à la vie. Grâce à cette justesse, Je vais bien, merci est un témoignage bouleversant et surtout empreint d’espoir.

Une confrontation avec soi-même

Pour Brent, la dépression, c’est avant tout une acceptation. Celle de la maladie et de la volonté de se soigner. Pour illustrer ce dialogue interne, il y a une trouvaille très intéressante dans le récit de Je vais mieux, merci : la création d’un homme, sans nom, avec qui il discute, qui représente l’espoir, la part en lui qui souhaite se battre et réussir à s’en sortir. L’auteur expliquera à Rue89 : ” En réalité, c’est une conversation avec moi-même. Cette personne qui apparaît, c’est l’homme qui a survécu à la dépression, qui a appris sur lui, fait du chemin et qui est désormais dans un tout autre état d’esprit. Il est stable, capable de recul, plus sage. ”

Je vais mieux, merci de Brent Williams et Korkut Öztekin - Illustration 2

Un roman graphique qui touche juste

Mais si toute cette histoire trouve sa force et arrive à nous atteindre c’est aussi grâce aux illustrations de Korkut Öztekin. Elles ne font qu’une avec le récit et lui offrent une profondeur puissante mais tout en délicatesse. Les mots de Brent Williams trouvent écho grâce aux différentes techniques utilisées : de la décolorisation, des couleurs sombres, du sépia, du flou… autant de procédés qui renforcent un ensemble déjà percutant.

Une scène m’a d’ailleurs particulièrement marquée, celle d’une crise d’angoisse de Brent dans un supermarché. Que je me suis retrouvée dans ces vignettes, et de façon générale dans cette histoire qui fait écho à la mienne dans de nombreux aspects.

Je vais mieux, merci de Brent Williams et Korkut Öztekin - Illustration crise d'angoisse

Quand une crise d’angoisse attaque

   
Je me répète mais je veux vraiment appuyer sur la qualité première de Je vais mieux, merci. Il y a une justesse incroyable dans ce récit. Toutes les étapes sont représentées, rien n’est oublié. C’est un livre parlant et qui parle. Car la dépression ce n’est pas simple à accepter et encore moins à comprendre de l’intérieur comme de l’extérieur. Je crois que Je vais mieux, merci peut permettre de se découvrir soi-même mais peut-être aussi de mieux accompagner les personnes malades de notre entourage. Mais somme toute, attention, malgré toutes les qualités de ce roman, il ne faut pas y voir un guide vers la guérison. Rien ne remplacera jamais un véritable accompagnement médical.

 

D’ailleurs, concernant la dépression, je voulais vous partager deux ressources, complètement différentes, qui m’ont énormément touchées par leur vérité :

 

  • Le Ted Talks d’Andrew Solomon : Dépression, notre secret partagé. Il date peut-être de 2013 mais je n’ai pas trouvé de témoignage plus percutant que ce dernier. Je pourrais, encore aujourd’hui, prononcer chacun de ces mots.

 

  • La chanson de Julia Michaels en duo avec Selena Gomez, Anxiety. Comme son titre le laisse deviner, le titre parle de l’anxiété dans un contexte plus jeune de sociabilisation, mais qui finalement s’applique peu importe notre âge. Combien de fois ai-je fait et penser les mêmes choses que les paroles d’Anxiety

 

N’hésitez pas à me partager en commentaires vos ressources, celles qui vous ont vraiment touchées, parlant de la dépression, de l’anxiété, de la phobie sociale… Merci 🙂

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