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La Journée Internationale des Femmes : histoire et lectures

Eh oui, en 2019 c’est triste à voir mais le 8 mars, nous célébrons bien la journée de la femme et non La Journée Internationale des DROITS des Femmes. C’est fou comme un petit mot peut changer toute une phrase ! Plusieurs mouvements féministes se battent pour changer cette appellation (notamment au Québec avec le Collectif 8 mars). En France, on est comme ça, on s’en balek, on fait comme on veut. Et pourtant… Le nom officiel donné à cette journée par l’ONU est bel et bien : La Journée Internationale des Femmes (#Journéedesfemmes).

Changer ce nom est la preuve que le chemin est encore long. Long mais pas forcément interminable. Pour aider la lutte, j’aimerai avoir la solution miracle. Mais je ne l’ai pas. Cependant, j’aime à penser qu’il est possible d’y apporter sa pierre tout simplement en en parlant, et rien de mieux qu’un livre pour amorcer la discussion et le débat. La littérature est je pense, avec le cinéma, le support parfait pour ce genre de démarche. (D’ailleurs, en parlant de “parler”, vous pouvez aussi écouter le très bon podcast Toutes les femmes de ta vie de Betty Piccioli.)

Le petit point d’histoire qui fait du bien

Avant de vous proposer une petite sélection de livre pour tout âge, j’aimerai qu’on s’arrête deux minutes sur ce fameux 8 mars et cette journée internationale des droits des femmes. Parce que sincèrement, je n’avais aucune idée de son origine avant l’écriture de cet article. Alors, petit retour en arrière… (Et merci au site 8mars.info pour la source.)

La création de cette journée ne date pas d’hier et, surprise, n’est pas née d’une initiative féministe mais socialiste. C’est en 1910, lors de la conférence internationale des femmes socialistes, que Clara Zetkin propose la création d’une « Journée internationale des femmes ». La démarche s’inscrit alors dans une perspective révolutionnaire.

Cependant, ce n’est qu’à partir de 1917 avec la grève des ouvrières de Saint Pétersbourg (Russie) que la tradition du 8 mars commence à se mettre en place. Il faut attendre de nombreuses années, en 1945, pour que cela se transforme véritablement en tradition mondiale avec une Journée internationale des femmes.

C’est évidemment dans les années 70, avec la poussée nécessaire du féminisme que les Nations Unies reconnaissent officiellement la journée. Plus précisément en 1975 (les Nations Unies ont commencé à célébrer la Journée internationale de la femme lors de l’Année internationale de la femme) et 77 (l’Assemblée générale des Nations Unies formalise officiellement la Journée).

La Conférence mondiale de l’Année internationale de la femme à Mexico le 19 juin 1975.

Depuis ce jour, il n’y a pas une année où le 8 mars n’est pas nécessaire afin, à travers le monde, de se battre pour l’égalité entre les hommes et les femmes. « C’est un jour où les femmes sont reconnues pour leurs réalisations, sans égard aux divisions, qu’elles soient nationales, ethniques, linguistiques, culturelles, économiques ou politiques. C’est une occasion de faire le point sur les luttes et les réalisations passées, et surtout, de préparer l’avenir et les opportunités qui attendent les futures générations de femmes. » (Source : un.org)

Alors le 8 mars, célébrons ! Et cette année, en 2019, la thématique de cette journée est : « Penser équitablement, bâtir intelligemment, innover pour le changement ». Il place l’innovation par les femmes et les filles, pour les femmes et les filles, au cœur des efforts pour parvenir à l’égalité entre les sexes.

Des livres pour aider

Cette liste n’est pas exhaustive. Il existe tellement de livres qu’il me serait impossible de tous les nommer. Ici, j’ai voulu mettre en avant les titres un peu plus méconnus mais qui à me yeux me semblent tout aussi importants. Ceux vers lesquels nous n’irions pas forcément et qui pourtant, (je pense) sont de véritables pépites.

Parisiennes : ces femmes qui ont inspiré les rues de Paris

Un petit côté Métronome à ce livre… Mais très vite fait ! J’aime l’idée de Parisiennes : ces femmes qui ont inspiré les rues de Paris. Au rythme de la Seine, c’est Paris tout entier qui se livre à travers ces destinées de femmes (Lili Boulanger, Maryse Hilz, Eugénie Eboué…) hors du commun, ces héroïnes de tous les jours dont le nom est resté. Qu’il s’agisse de sportives, d’artistes, de scientifiques, de marchandes aux halles, d’abbesses, de reines, de résistantes, de femmes de lettres ou de femmes politiques, pionnières dans leur domaine, elles ont chacune à leur manière laissé leur empreinte et nous rappellent l’immense place qu’elles occupent jour après jour dans la croissance de notre société.
Un bel hommage aux femmes et à la ville lumières.

Malka Marcovich * Editions Balland (Collection Documents) * Paru le 7 décembre 2017 * 25 € – 537 pages

Nos héroïnes : 40 portraits de femmes québécoises

Après les rues de Paris, et déménagement au Canada oblige, j’avais très envie de m’intéresser aux femmes Québécoises. Nos Héroïnes est un album essentiel pour toutes les petites filles et tous les petits garçons. C’est un livre qui nous fait traverser l’histoire du point de vue des filles, des femmes, des mamans, des rebelles et des militantes. On y découvre entre autres, que Jeanne Mance, cofondatrice de Montréal, chasse les lucioles qu’elle enferme dans des pots en verre pour illuminer l’hôpital qu’elle a fondé.
Des femmes peut-être oubliées de l’Histoire mais qui aujourd’hui sont superbement misent en lumière.

Anaïs Barbeau-Lavalette et Mathilde Cinq-Mars * Editions Marchand de feuilles * Paru le 27 septembre 2018 * 27 $ 95 – 96 pages

États de femme : l’identité féminine dans la fiction occidentale

Jeune fille à marier, épouse et mère, maîtresse, vieille fille : ces états offerts à la carrière féminine, la littérature occidentale comme l’expérience du monde vécu nous les ont rendus familiers. Pourtant, la lecture de quelque deux cent cinquante œuvres, classiques ou plus confidentielles, du XVIIIᵉ siècle à nos jours – romans, nouvelles, contes, pièces de théâtre et films -, réserve une étonnante surprise. La fiction ne se contente pas de refléter la réalité historique et ses lentes évolutions, elle révèle un état particulier : le «complexe de la seconde».

Nathalie Heinich * Edition Gallimard, collection Tel * Paru le 11 juin 2018 * 12 € 50 – 400 pages

-> Dans la même thématique, je peux vous conseiller La femme et le sacrifice : d’Antigone à la femme d’à côté, d’Anne Dufourmantelle et Charlotte Casiraghi  chez Denoël.

Collection De petite à Grande

La collection De petite à Grande(aux éditions de La courte échelle) regroupe des albums documentaires qui retracent le parcours de femmes inspirantes. L’ensemble est écrit et illustré pour les enfants dès 5 ans. C’est superbe et inspirant. Le genre de livre à toujours avoir dans sa bibliothèque et à offrir sans hésiter.

Les livres sont traduits de la série Little People, Big Dreams chez Lincoln, qui l’air de rien, présentent un bon petit paquet de personnes, hommes et femmes, tel que Frida Kahlo, Agatha Christie, Stephen Hawking, Rudolf Nureyev, et bien d’autres. C’est tellement génial, j’espère voir tout cela très rapidement en français.

De plus, je ne le dirais jamais assez, mais pour de la jeunesse, foncez sur le catalogue de Talents Hauts. Avec des titres comme La déclaration des droits des filles ou encore J’aime pas être belle, sans oublier les deux revisites : Cendrillon et la pantoufle velue et Blanche-Neige et les 77 nains, cette maison d’édition est un must à avoir dans sa bibliothèque.

La princesse qui voulait devenir générale

Attention coup de cœur !
Pour les un peu plus grand, puisque La princesse qui voulait devenir générale est recommandé dès 8 ans (il s’agit plus d’un petit roman illustré que d’un album), ce livre est un condensé de tout ce que j’aime en jeunesse. loin des stéréotypes, bourré d’empowerment, qui aborde des sujets comme la transidentité et l’homosexualité, bref, une histoire engagée, utile, tout simplement parfaite.

Emma n’est pas une princesse comme les autres. Dans le royaume que son père, Philippe le 118e, gouverne d’une poigne de fer, elle veut devenir générale. Mais pour le roi, il n’en est pas question : le devoir d’Emma est d’assumer son titre et sa fonction de princesse. Refusant ce triste sort, la jeune fille va devoir se battre et faire preuve d’ingéniosité pour choisir son destin.

Par Sophie Bienvenu et Camille Pomerleau * Aux éditions de la bagnole * Paru le 4 septembre 2017 * 16 $ 95 – 136 pages

Paroles de femmes

Paroles de femmes retrace par des poèmes, des textes, de lettres, des slogans ou des fragments de livres, la condition et le combat des femmes à travers les millénaires. On navigue au travers de 30 textes entre la lutte contre les violences faites aux femmes et leur dénonciation, la lutte pour les droits civiques, la dénonciation de la dictature de la beauté, à l’expérience de la maternité, de l’amour ou de la sexualité. Un joli voyage littéraire.

De Josée Lartet-Geffard, Benoîte Groult et Chloé Poizat * Albin Michel éditions * 12 € – 64 pages * Paru le 29 Août 2018

-> Dans la même thématique : La voix des femmes : ces grands discours qui ont marqué… Par Céline Delavaux et Christiane Taubira, chez De la Martinière.

Annie Sullivan & Helen Keller

Helen Keller est un destin incroyable et une rencontre, avec Annie Sullivan, extraordinaire. Je trouve que ces deux ouvrages : un bd et un roman jeunesse, lui rende le plus bel hommage que l’on puisse imaginer. Une véritable leçon d’humanité.

Née en 1880 dans l’Alabama, la petite Helen Keller devient aveugle et sourde à l’âge de dix-neuf mois, suite à une maladie. Elle se trouve alors dans l’incapacité de communiquer avec son entourage, si ce n’est avec quelques gestes maladroits. Sa vie va être bouleversée l’année de ses six ans, quand ses parents engagent Annie Sullivan comme préceptrice. Elle-même malvoyante, celle-ci a appris à enseigner la langue des signes à l’Institut Perkins pour les aveugles. Elle va prendre en charge l’éducation d’Helen Keller et, au fil des mois, réussir non seulement à établir un contact avec l’enfant, mais aussi à lui apprendre la langue des signes, puis l’écriture. Les deux femmes resteront amies à vie.

BD – Par Joseph Lambert * Editions Ca et Là * 22 € – 90 pages * Paru le 25 novembre 2013
ROMAN : Par Margaret Davidson et Felicita Sala * Gallimard Jeunesse * 8 € 90 – 128 pages – Paru le 3 mai 2018

I Have a Dream : 52 icônes noires qui ont marqué l’histoire

J’avais vu ce roman au salon du livre de Moncton et j’avais eu un énorme coup de cœur. Tel un documentaire, à travers ses pages, nous faisons la connaissance d’icônes importantes dans l’avancement des droits des Noirs : hommes comme femmes. Le tout, accompagné de magnifiques illustrations.

Par Jamia Wilson et Andrea Pippins
Chez Petit Homme (Canada) et Casterman (France)
Paru le 24 septembre 2018
14 € 95 – 64 pages

 

Pour finir, vous pouvez aussi aller voir mon article sur Moxie de Jennifer Mathieu. Si vous lisez en VO, foncez sur Full Frontal Feminism de Jessica Valenti !! Et évidemment, l’une de mes plus belles découvertes, Histoires du soir pour filles rebelles que je vous laisse (re)découvrir en vidéo 🙂

 

BONNE.S LECTURE.S, ET N’OUBLIEZ PAS, COMME L’A ECRIT AUDRE LORDE : TON SILENCE NE TE PROTÉGERA PAS !

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