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Le Fléau de Stephen King - lecture commune Lemon June - Bandeau Céline Online

J’ai lu Le Fléau de Stephen King et quelle expérience !

Tout commença par une publication de Lemon June sur Instagram invitant qui le souhaitait à découvrir Le Fléau de Stephen King grâce à une lecture commune. Ce n’est d’habitude pas mon truc les lectures communes mais après un mois sur le territoire canadien à me désespérer de ne pas savoir quoi lire (et aussi beaucoup de ne pas avoir le temps, soyons francs) je me suis dit : Pourquoi pas ?!

Stephen King est un auteur que j’adore et ça faisait un petit moment que l’envie de le relire me titillait. Après La tour sombre et Bazaar, je crois que l’arrivée de l’automne avec ses matinées brumeuses m’ont inconsciemment poussée vers ce livre aux tonalité plus apocalyptiques qu’orangées. On repassera pour la tarte à la citrouille, vive la nourriture lyophilisée.

Au premier coup d’œil on regarde le bébé et on se dit : ah oui ok sacrée bête. 1 183 pages ! King, t’as intérêt à assurer. Mais trêve d’hésitation, le plus simple reste encore de se lancer et de tester ce Fléau.

Le Fléau de Stephen King - lecture commune Lemon June - Couvertures des romans, sur le site Club Stephen King

Couverture des éditions J’ai lu – Visuels du site Club Stephen King

La Super-Grippe, l’Etrangleuse ou le Grand Voyage commence ses ravages… Une mécanique bien huilée. Des corps sur le bord de la route. Puis des fosses dans les cimetières. Ensuite des fosses communes. Et enfin des cadavres qu’on balance dans le Pacifique. De Los Angeles à New York le fléau se répand, pire que la peste. Mais est-il pire fléau que la peur qui tenaille les rares survivants, tous touchés par le même cauchemar au même instant ? L’image de l’Homme Noir…

Quand je vous dis que ce livre est une expérience, je ne rigole pas. Le concept d’expérience littéraire peut vous sembler bizarre, mais c’est exactement la définition qui correspond le mieux à cette lecture. Une lecture qui fut épique ! Et ça n’a rien d’étonnant quand on sait que King souhaitait écrire une saga fantastique, tel un Seigneur des Anneaux post-apocalyptique en Amérique.

« Je veux vous parler de l’arme de demain »

Ecrit à la fin des années 70, Le Fléau est incroyablement moderne et percutant, encore aujourd’hui en 2018. Et à mon avis, il a encore de belles années devant lui car son sujet est universel mais aussi plus que d’actualité. Il y a évidemment à la base de ce roman l’affrontement du bien et du mal ainsi que la force du destin. Mais après ma lecture, pour moi, Le Fléau est avant tout une œuvre pour nous alerter sur le danger que représente l’Humain pour sa propre survie. Nous sommes notre propre perte et l’histoire ne fait que se répéter et le confirmer. Cette lecture est une prise de conscience supplémentaire. En même temps, venant d’un auteur que je considère comme un précurseur en matière de littérature (Bonjour Marche ou Crève), est-ce étonnant de lire un texte aussi engagé et intemporel de sa part ?

Le Fléau se décompose en deux parties. La première traite de l’infection et du rassemblement. La seconde se concentre sur la répartition des survivants selon le camp choisi. Les chapitres s’enchaînent et on se retrouve happés dans cette fresque apocalyptique à parcourir une Amérique dévastée en compagnie de personnages tout aussi abîmés par la vie.

Le Fléau de Stephen King - lecture commune Lemon June - Les personnages selon les comics de Marvel

Les personnages du Fléau selon les comics de Marvel

Ces personnages ! Ils sont incroyables. Préparez-vous à croiser des personnalités aussi attachantes que détestables, mais aussi à avoir le cœur brisé car c’est bien connu, il ne faut pas s’attacher avec King. Stu, Frannie, Nick, Glen. Tom Cullen évidemment. Sans oublier Harold, Nadine ou Randall Flagg ain que que La poubelle qui est inoubliable. Chacun vous marque, en bien ou en mal, mais vous marque profondément. Ces survivants, poussés par la solitude et les rêves, qui finissent par se diviser en deux camps. Mais qui sommes nous pour pouvoir juger du bien et du mal ? Jusqu’à présent, je n’ai pas l’impression que cela nous réussisse vraiment…

Ce qui est effrayant avec le Fléau est que le monstre qui ravage tout, est, comme je vous le disais, nous-même. Ce virus a été créé par notre main. Rien ne peut l’arrêter. Il n’y a pas de logique à la survie. De la chance ? Du destin ? Et il est intéressant de voir comment les survivants vont essayer de recommencer à zéro, en prenant en compte – ou pas – les erreurs de notre passé.

« This is the end, beautiful friend »

Cette fin justement. Cela fait plusieurs semaines que j’ai terminé Le Fléau et je ne sais toujours pas comment me positionner dessus et sur l’ensemble de ma lecture. C’est un mélange de déception et d’enthousiasme pour deux choses.

Le Fléau de Stephen King - lecture commune Lemon June - Illustration de Ned Dameron

Illustration du Fléau selon l’artiste Ned Dameron

La première est très récente (et elle assombrie malheureusement la tableau) puisque je suis tombée dessus en préparant cet article. Un article parle du Fléau comme d’un roman raciste et sexiste. Et en prenant le temps d’y réfléchir deux secondes, l’auteur du post n’a pas tort. Je vous laisse y jeter un coup d’œil directement par ici si vous le souhaitez : What I Learned From Re-Reading Stephen King’s The Stand par Zack Handlen.

La seconde est la sensation même que la fin écrite par King m’a laissée. Comme un arrière-goût de facilité. Sans prise de position ferme alors que le restant du Fléau en contient. Mais je crois que c’est la frustration qui parle parce que j’aurais aimé en savoir plus.

Et après tout ça  ? Si au début j’ai été percutée par le nombre de pages, finalement la magie a fonctionnée et maintenant j’en redemande ! Comme quoi, la taille d’un livre ne devrait jamais nous rebuter d’une lecture.

Justement en parlant de taille, je vais terminer par une petite anecdote. Saviez-vous qu’il existe deux versions du Fléau ? L’édition originale était bien plus courte. En effet, Stephen King est au début de sa carrière et n’est pas encore le romancier que nous connaissons aujourd’hui. Résultat, son éditeur Alta a censuré son roman. Aujourd’hui, les choses sont réparées puisque les nouvelles éditions comprennent les passages manquants. Par exemple, nous avons la chance de pouvoir lire la confrontation entre France et son horrible mère (et ce passage est incroyable). Il a également été rajouté ce chapitre sur toutes les morts plus ou moins naturelles des survivants de la grande peste… En sachant cela, je rigole deux fois plus aux « Pas une grande perte » de ce passage.

Le Fléau de Stephen King - lecture commune Lemon June - Gif télévision

Bon moi je vous laisse, je retourne me caler sur mon canapé à regarder Castle Rock et la dernière saison d’American Horror Story : Apocalypse. Parce que oui, c’est dur de quitter Le Fléau comme ça. Alors je fais durer le plaisir comme je peux en attendant la prochaine adaptation du roman en série (oh yeah).

 

Tentez par l’expérience de Fléau ?

Rejoignez la team # Lefleauensemble. Hop, ne partez pas, je vous donne toutes les infos !
Lecture commune jusqu’au 30 novembre 2018. Vous pouvez :

  • Commencer quad vous le souhaitez ;
  • Tenter l’expérience en livre papier ou audio ;
  • Ne lire que le premier ou second tome ;
  • Abandonner au bout de 20 pages ;
  • Utiliser le hastag #Lefleauensemble sur les réseaux sociaux ;
  • Rejoindre le groupe Facebook de la lecture commune ;
  • Et surtout, lire sans pression 😉

Comments (3):

  1. LaBlairelleLit

    4 octobre 2018 at 13 h 28 min

    Oh mince, je voulais aussi me lancer dans ce challenge (et cette chronique renforce ma curiosité), mais avec la fameuse édition originale plus courte, que j’avais déniché il y a longtemps dans un vide-grenier… Je ne pensais pas qu’il s’agissait de censure, mais juste d’une première version qui aurait été enrichie par la suite. Du coup j’hésite franchement à me procurer la version “rallongée” ><

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  2. Pikobooks

    7 octobre 2018 at 16 h 18 min

    Lire le Fléau a été une des plus belles expériences de cette année 2018 ! Ton article complète ce grand moment. Merci ! J’ai peiné à lire l’article en anglais dont tu parles mais son analyse est glaçante !!

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