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The Haunting of Hill House - Netflix _bandeau

The Haunting of Hill House : chef d’œuvre d’horreur et d’émotion

C’est marrant parce que (La) Maison hantée de Shirley Jackson est probablement l’un de mes livres favoris mais je n’ai jamais pris le temps de vous en parler. Pourtant, ce roman, sa lecture, je m’en souviens comme si c’était hier. Le livre, de la collection Pocket, avait son titrage rouge sang et cette grande demeure imposante en couverture. Je l’ai lu plus d’une fois cet été-là. Un mois d’août que je n’ai pas passé à la campagne chez ma grand-mère mais avec le docteur Montague, Luke, Theodora et Eleanor dans la lugubre et menaçante demeure des Hill.

Ce n’est que des années plus tard, en découvrant mes premiers Stephen King, que j’ai pu apprécier pleinement le chef d’œuvre écrit par Shirley Jackson.

Il faut croire que j’entretiens une relation particulière avec La Maison hantée. Intime. Encore aujourd’hui, je ne vais pas vous parler de ce dernier mais de son adaptation en série diffusée depuis peu sur Netflix.

Le premier épisode commence par les premières lignes du roman. Quelques mots qui plongent directement le spectateur dans l’ambiance : “Hill House, loin du raisonnable, se tenait sur les collines et abritait les ténèbres.”. Puis, peu de temps après, nous y découvrons le personnage de Steven Crain, auteur de The Haunting of Hill House qui dira de son histoire « il faut savoir prendre quelques libertés ». Voilà, c’est annoncé, la série de Netflix est une adaptation moderne qui ne garde du roman de Shirley Jackson que son personnage principal : la maison des Hill.

La visite peut commencer.

L’horreur nous connaissons. Un jump scare par ci, un jump scare par là. A croire que ces dernière année le genre ne se définissait que par « Faire peur ». Mike Flanagan, le réalisateur de The Haunting of Hill House, apporte une démarche créative qui fera tout le talent de sa série. Il décide de retourner aux basics en montrant que l’horreur a un but bien plus profond que l’épouvante et que les fantômes peuvent prendre bien des formes différentes.  L’horreur la plus efficace n’est pas effrayante, elle est douloureusement triste.

The Haunting of Hill House - Netflix _maison

Vous allez avoir peur. Vous allez angoisser et même sursauter. Mais plus les épisodes passent et plus ces sensations s’effacent pour laisser place à d’autres sentiments. L’intelligence de The Haunting of Hill House est de mettre en avant des fantômes bien plus néfastes que ceux qui peuplent le manoir. Ici les revenant les plus dangereux sont ceux du passé de la famille Crain : les souvenirs qui se sont accumulés et qui ont laissé des cicatrices à chacun de ses membres.

« Je dirais que les fantômes sont la plupart du temps la projection tourmentée de ceux qu’on aimerait revoir » – Steven Crain

Alors est-ce que Hill House est hantée ? Si le premier épisode nous laisse douter, ça sera également le rôle du personnage de Steven, la réponse vient s’imposer naturellement à nous : Oui. Cela ne fait aucun doute et je pense sincèrement que ça ne peut pas être remis en cause tout simplement parce que ce n’est pas le sujet de cette série.

The Haunting of Hill House est bien plus qu’une série horrifique. C’est un drame psychologique sur le traitement du deuil et les traumatismes de l’enfance. Chacun personnage va tenter d’avancer en pensant leurs blessures comme ils le peuvent. Nell est dépressive, Luke est un drogué…

The Haunting of Hill House - Netflix _casting

Et puis il y a cette mère, Olivia. Celle par qui la nuit cauchemardesque arrive et les répercussions qui vont avec. L’amour qu’elle porte à ses enfants m’a fasciné et paralysé. J’en ai pleuré de douleur. Ce personnage a su éveiller en moi des peurs bien réelles et profondes : que faire pour protéger les personnes que l’on aime ? Comment réussir à laisser son enfant évoluer dans un monde effrayant, loin de toute protection maternelle ?

Olivia est un personnage particulier pour moi. Nous n’apprenons pas à la connaitre. Dès le début, nous avons la sensation que le problème, le danger, c’est elle. Et effectivement, c’est elle qui amène l’explosion finale. Mais la délivrance qu’elle amène est tellement libératrice qu’elle est finalement le personnage qui m’aura le plus touché. Et pourtant, en face, j’ai été prise d’empathie pour chacun des autres membres de la famille Crain, version enfant ou adulte. The Haunting of Hill House prend le temps de nous les présenter mais surtout, le casting, impeccable, est tout simplement incroyable.

Et derrière la caméra…

The Haunting of Hill House c’est une histoire avec des personnages, des émotions et encore bien d’autres choses qui ont su nous toucher grâce au travail incroyable réalisé derrière la caméra de Mike Flanagan.

The Haunting of Hill House - Netflix _FantômePour nous conter l’histoire de la famille Crain, le réalisateur a abandonné toute surenchère pour se concentrer sur sa mise en scène. Je n’ai jamais vu de gros plan aussi oppressants. Quel sens du détail ! L’épisode six par exemple est un vrai bijou. Il offre un plan séquence de plus de vingt minutes où le travail sur la fluidité de la caméra est incroyable. Et puis il y a également cette façon de jouer avec l’arrière-plan pour offrir une profondeur de champ mettant en valeur la maison et ses couloirs angoissants (regardez attentivement, il y a plein de fantômes qui s’y cachent). Rajoutez-y la musique des frères Newton et vous obtiendrez une véritable poésie à l’atmosphère aussi macabre qu’hypnotisante. Sublime.

 

The Haunting of Hill House est une série aussi complète et complexe. Ne cherchez pas, vous ne trouverez pas mieux, aussi bien sur le petit écran qu’au cinéma. Réussir à faire de cette série un chef d’œuvre moderne est pour moi l’hommage le plus parfait qu’il pouvait être rendu au roman de Shirley Jackson. Merci.

The Haunting of Hill House - Netflix _affiche

The Haunting of Hill House
Une série créée par Mike Flanagan
Disponible sur Netflix
Saison 1 composée de 10 épisodes
Avec : Michiel Huisman, Carla Gugino, Mckenna Grace, Violet McGraw,
Victoria Pedretti, Kate Siegel, Elizabeth Reaser, Oliver Jackson-Cohen…

 

Comments (2):

  1. Cupcakesmusictea

    18 octobre 2018 at 11 h 57 min

    J’ai envie de regarder cette série, mais j’ai peur de la regarder toute seule!!

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    • celineonline

      19 octobre 2018 at 17 h 28 min

      Les premiers épisodes sont très oppressant mais après, à part des micros moments, ce n’est pas si effrayant que cela 🙂

      Répondre

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