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Tulip Fever : une fresque à contempler

Tulip fever, derrière son étiquette de drame amoureux, m’a permis de découvrir une époque que je ne connaissais pas du tout, le XVIIe siècle au Pays-Bas. Je n’aurais jamais pu imaginer la folie entourant la tulipe à cette époque. Je vous jure, c’est dingue ! Même le mot « folie » est finalement trop faible. En plus, j’adore la ville d’Amsterdam. Je n’allais pas bouder mon plaisir de découvrir sous un autre angle la capitale hollandaise.
Préparez vos valises, cet été, on part pour un petit voyage dans le temps.
       

Amsterdam – 1636.
La ville est plongée dans une fièvre spéculative autour du commerce de la tulipe.
Un riche marchand décide d’engager un célèbre portraitiste pour immortaliser la beauté de sa jeune femme. Au premier coup de pinceau, une passion dévorante débute entre la jeune Sophia et le séduisant peintre.
Alors qu’une liaison torride et fougueuse s’installe, les jeunes amants cherchent à se débarrasser du mari envahissant et à s’enfuir. Une soif de liberté qui aura un prix, aussi précieux que celui d’une tulipe.


Tulip fever
est adapté du livre Le peintre des vanités écrit par l’écrivaine britannique Deborah Moggach. On retrouve sur la couverture de son édition poche la phrase suivante « Une fresque romanesque à l’époque où le bulbe de tulipe valait de l’or ». Une fresque. Un mot qui résume parfaitement les défauts et qualité de Tulip fever : son histoire et son esthétique.

Je n’ai pas lu le roman de Moggach mais en ce qui concerne le film, le scénario est faible. En plus d’une histoire assez prévisible, j’ai beaucoup été dérangée par enchaînement des quelques rebondissements. Tout va tellement vite (particulièrement le coup de foudre entre Sophia et son peintre). On a énormément de mal à y trouver de la crédibilité. Rajouter trente minutes de développement n’aurait pas été de refus.

Tulip Fever - Un film réalisé par Justin Chadwick - Avec Alicia Vikander

Mais finalement, je trouve que cet accroc est aussi l’une des principale qualité de Tulip fever. J’ai aimé prendre le temps de contempler ce film comme on contemple une peinture. L’esthétique est sublime. La composition parfaite. Chaque plan est rempli de détails vous donnant envie de multiplier les arrêts sur image pour contempler l’image. Sans parler des costumes et décors qui sont tout aussi magnifiques. Un ensemble qui offre un bel hommage à cette période artistique et au peintre Jan Van Loos, que l’on retrouve comme personnage principal ici (même si la vie du peintre n’est pas du tout exploitée dans l’écriture de ce dernier).

Car en plus de nous donner un petit cours d’art, Tulip fever nous fait aussi réviser votre histoire. Le film place sa fiction dans une période plutôt étonnante et intrigante de la Hollande. A aucun moment, je n’aurais pu imaginer une crise des tulipes, dont le terme officiel est « tulipomanie », et les conséquences de cette dernière : l’économie du pays totalement ruinée.

Tulip Fever - Un film réalisé par Justin Chadwick - Avec Alicia Vikander, Dane DeHaan et Christoph Waltz

Pour la mettre en parallèle, il faut imaginer une crise des subprimes hollandaise, c’est-à-dire que le nombre de tulipes vendu à des prix incroyablement élevés (on estime qu’un oignon de tulipe valait 25 000 euros *) est devenu supérieur au nombre réellement produit. Rien d’anormale du coup de retrouver le tulipe comme un symbole de vanité.

Porté par un casting assez incroyable (avec trois acteurs oscarisés : Dench, Waltz et Vikander), Tulip fever est un tableau un peu fade mais qui reste magnifique à contempler et qui m’aura donné l’envie de me replonger encore un peu dans cette fresque en lisant Le peintre des vanités de Deborah Moggach. En espérant que tout y soit mieux développé.

Tulip Fever - Un film réalisé par Justin Chadwick - Avec Alicia Vikander - Affiche

Tulip Fever
Un film réalisé par Justin Chadwick
Sortie le 12 juillet 2018 en e-Cinéma
Durée : 1 h 47
Avec :  Alicia Vikander, Dane DeHaan, Christoph Waltz, Judi Dench,
Holliday Grainger, Zach Galifianakis, Cara Delevingne, Jack O’Connell…

 

* http://www.economiematin.fr/news-tulipomanie-crise-tulipe-hollande-speculation

Comments (1):

  1. __ceciloute__

    8 août 2018 at 13 h 07 min

    Coucou 🙂 je te rejoins tout à fait sur ton analyse… c’est bien dommage que l’histoire ne m’ait pas beaucoup plu car le contexte historique et le beau travail esthétique posaient bien les bases pour que je puisse aimer ce film… A défaut, j’aurais au moins appris des choses ! 🙂

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